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Pêcheur de soles |
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Prix à l'unité (pièce):
12,90 €
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Video Mer Film Pêche professionnelle Pêche aux filets Pêcheur de soles
Serge est un de ces héritiers de la grande tradition des pêcheurs côtiers. Comme tous les marins qui embarquent ce matin, il s'est levé vers quatre heures, un horaire que chacun respecte été comme hiver, quel que soit le temps. Il s'est, depuis 2 ans, équipé d'un vire-filets automatique, débrayable, à deux bobines. C'est un appareillage perfectionné, apparu sur le marché il y a quelques années seulement, et qui a avantageusement remplacé les anciens modèles à bobine unique, employés il y a peu encore et manœuvrés à la force des bras. Sur ce modèle, les bobines entraînent l'orin et, grâce à la démultiplication, permettent de contrôler la remontée du filet sans dommage pour le poisson. Les principales zones de pêche de Serge se situent dans la baie de Bénodet ou dans les parages des îles des Glénan, sur le plateau des Pourceaux ou des Lorioux. Les filets sont posés sur des fonds de sable ou de vase d'une trentaine de mètres. Le port des gants et des manchettes de ciré permet de limiter certains risques d'accidents dus au hameçons accrochés dans les filets, aux pinces de crabes ou à des débris divers... En l'absence de véritable réglementation contraignante, sinon la taille, 24 cm, les marins des quartiers maritimes du Guilvinec et de Concarneau se sont accordés à limiter à 50 mm le maillage intérieur des filets. Cette réglementation, interne à la profession, est favorablement accompagnée par les responsables des Affaires maritimes. De leur propre chef, soucieux de la ressource, les marins de la région envisagent également d'introduire une période de fermeture de la sole afin de favoriser son repeuplement. Un projet actuellement en bonne voie et qui mérite de servir d'exemple. Le principe même du trémail exige une grande expérience et des mains expertes pour extraire le poisson, qui doit être livré dans une présentation impeccable sous criée et sur l'étal du marchand. Si l'espèce capturée est principalement la sole, il n'est pas rare de prendre des araignées, nombreuses au printemps, de la roussette, ou chien de mer, de la vieille, de la raie, du turbot, du mulet... Les étoiles de mer se prennent régulièrement dans les mailles. Certains secteurs sont véritablement colonisés par ces astéries carnassières dont certaines atteignent vingt centimètres. Les étoiles de mer sont extrêmement envahissantes et gênent considérablement les marins dans leur travail. Par beau temps, Serge met environ un quart d'heure pour relever un filet. Le filet repose sur le fond retenu par un réa de poulie de treuil usagée, une bobine d'acier de vingt kilos. Le filet remonté, Serge relève le dernier réa et la bouée de signalisation. La seconde partie du travail commence. Serge passe le filet dans un arceau fixé à l'arrière de la passerelle. Il le pare ensuite soigneusement dans le parc, un bac métallique volumineux installé à l'arrière du bateau. Serge en profite pour débarrasser le matériel des nombreux débris qui s'y accrochent encore : pinces de crabes, algues, étoiles de mer... Aujourd'hui le beau temps favorise les conditions de travail. Quand la mer est mauvaise, le vent, les vagues, le roulis, s'associent pour mettre les hommes dans des situations de sécurité précaires et inconfortables. Certains emmêlement sont extrêmement complexes et semblent inextricables. Si Serge sait les défaire en un tour de main, il lui faudra ici une vingtaine de minutes pour nettoyer et ranger ce filet. A la suite de tempêtes ou aux périodes de grandes marées, la mer charrie d'énormes quantités d'algues arrachées au fond. Elles se prennent alors dans les mailles du filet et il n'est pas rare d'en remonter plusieurs centaines de kilos sur le pont. Commence alors un long et pénible travail de nettoyage. Dans le pire des cas, le marin doit ramener ses filets au port. C'est alors une journée de perdue. Comme tous les vrais marins, Serge met un point d'honneur à conserver son bateau dans un état de propreté impeccable. Chaque levée de filet est suivie d'un nettoyage et d'un lavage du pont . Les premières captures sont triées et rangées dans des caisses de criée normalisées fournies par la Chambre de Commerce de Quimper. En plus des soles on y voit des crabes araignées, des crabes dormeurs, de la vieille, de la roussette... Il est 7 h 30. Le jour est désormais complètement levé. Serge se met à la recherche de son prochain mouillage . S'il sait d'instinct dans quel secteur se diriger, il affine sa recherche grâce aux indications de ses appareils de navigation. Le sondeur affiche des fonds de sable d'environ 35 mètres. Les pêcheurs utilisent généralement la deuxième ligne du sondeur, la première étant trop sensible sur des fonds de cette nature. Un troisième ligne, scintillante, apparaît en présence de modification du profil : présence de roches, d'épaves, de champs d'algues... C'est l'endroit que Serge choisit pour mouiller sa filière. Comme ses confrères il utilise des pavillons rouges, mouillés à l'ouest et au nord, ou des pavillons noirs, mouillés au nord ou à l'est. Un usage qui permet aux pêcheurs, surtout dans les zones très fréquentées, de repérer immédiatement les mouillages en cours. Bien parée dans le parc, les filets, après nettoyage, ayant retrouvé un encombrement normal, la série est filée sans problèmes. Le bon positionnement du filet doit beaucoup au talent du pêcheur et Serge règle et contrôle son déroulement en cours de manœuvre. Les courants, les mouvements de la mer, feront le reste. La mise à l'eau du réa, suivi de celle de la bouée, achève le mouillage de la série et la stabilise sur le fond. Il faudrait une énorme tempête, imprévue, pour la mettre à mal. Le poisson traverse la première nappe et vient se piéger dans celle du milieu. C'est le cas le plus général pour les soles dites moyennes et portions. Branché sur pilote automatique, calé sur la position GPS, le Labour a Kan fait route vers la prochaine filière. Elle peut, suivant les cas, la saison, le temps, se trouver à plus d'une heure de trajet . Une demi-heure navigation mène Serge au pavillon rouge mouillé plein ouest dans la baie de Concarneau . Après avoir embarqué le pavillon et le réa de mouillage, Serge a engagé l'orin dans la poulie du vire-filets. Il embraye le mécanisme et procède au remontage de sa deuxième filière. Alors que les caisses se garnissent peu à peu, un beau mulet de plus d'un kilo, de son nom commun Mulet Cabot, est venu se prendre dans le filet. Il s'agit d'un individu isolé. A la belle saison il arrive que des bancs entiers fréquentent le secteur . Le remontage de la série est achevé. Serge embarque le réa . Puis il embarque la bouée... qui a perdu son pavillon. Moteur au ralenti, Serge commence un nouveau travail de parage de la série dans le parc. Le filet prêt à être remis à l'eau, Serge décide de descendre vers le sud en s'écartant un peu de ce secteur de pêche pour se rapprocher de l'île aux Moutons, dans les parages des îles Glénan. Il croise un bateau de Loctudy, fileyeur lui aussi. Grâce à la radio VHF, branchée en permanence, il peut entrer en contact avec son confrère. La VHF permet, non seulement au marin de communiquer avec les autres marins, mais également avec sa famille à terre. La VHF est un appareil professionnel faisant l'objet d'une réglementation précise. Pour les conversations courantes Serge utilise le canal 69. Le canal 16, quant à lui, est réservé aux appels d'urgence. Aucun marin ne l'encombre jamais, sauf cause grave : accident, SOS, naufrage, feux rouges de détresses aperçus en mer...
Mouillée plein sud entre l’île aux Moutons et la terre, la filière se déroule à la vitesse du bateau, environ 6 nœuds, soit 10 km heure. Bien que solidement fixé, le filet n'est jamais complètement tendu. Serge lui laisse toujours une certaine souplesse lui permettant de s'adapter aux conditions de mer et de courants. La dernière filière mouillée il est l'heure du retour au port. Le temps le permettant, Serge procède à un dernier nettoyage et au rangement de la pêche. Le Labour ha kan placé sous pilote automatique, Serge procède au tri par tailles et par espèces de ses captures. La pêche est relativement bonne puisqu'il a pris une trentaine de kilos de soles, des crabes, du carrelet et autres " divers ", comme l'on dit dans la profession. Il est 11 heures du matin environ. Cap à l'ouest sur Loctudy. L'attention en mer ne se relâche jamais et Serge doit débrayer son pilote automatique pour contourner un plaisancier qui, au mépris des règles de circulation maritimes, faisait route de collision dans sa direction. Le bateau évité, Serge remet le pilote automatique. Avec à la manche à eau, un tuyau branché sur le moteur et qui pompe de l'eau de mer à gros débit, il nettoie le pont des derniers débris et des diverses concrétions calcaires ramenées par les filets. Le port de Loctudy est en vue à 10 mn de route. Serge croise le Santa Maria, le bateau d'un confrère, de conception plus récente. Un coup de fil à la maison permet à Serge d'annoncer son retour au port vers 12 heures. Loctudy est un port de pêche hauturière et côtière dont la réputation s'est affirmée autour de la langoustine, aussi appelée " Demoiselle de Loctudy ", un fleuron de la gastronomie bretonne. Serge accoste un emplacement strictement réservé aux professionnels inscrits maritimes. Aussitôt débarquée la pêche est prise en charge sous la criée. Comme le veut l'usage, elle est vendue aux enchères à la vente du soir. Achetée par les mareyeurs, seuls habilités à ce type de négociation, elle est vendue dans le réseau traditionnel des grossistes, (au Marché d'Intérêt National de Rungis par exemple), des poissonniers de détail, mais aussi, depuis une quinzaine d'années, dans les circuits de la distribution. L'art de préparer une " sole meunière " : Dans la recette de la sole meunière on garde la peau blanche. Le noir on l’enlève, on cisaille le bout de la queue …on décolle la peau ; il ne faut pas abîmer la chère. La difficulté est de bien fondre le beurre. Il faut qu’il soit légèrement noisette, pas noir. J’ai bien fait colorer un côté, je la retourne. …. 4 minutes… Voilà, bien l’égoutter…pendant ce temps là on fait le beurre noisette… on jette la graisse. Sole meunière… |
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